Les macareux de l’Isle of May

L'Isle of May est un endroit rêvé pour admirer des macareux en Ecosse. Mais aussi des petits pingouins, des guillemots, des phoques...

Dès nos préparatifs pour notre road-trip en Ecosse, j’étais sûre d’une chose. Je voulais voir des macareux. Ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai vraiment fait une fixette là-dessus et j’ai fouillé mes guides et le net dans tous les sens pour savoir où aller les observer. Jusqu’à trouver le lieu parfait : l’Isle of May, une réserve naturelle abritant de nombreux oiseaux, donc des macareux, avec des excursions en bâteau depuis le port d’Anstruther, pas très loin d’Edinburgh. Quelques semaines avant de partir, nous avons réservé nos billets pour aller passer une après-midi en compagnie des macareux. C’est tout excités que nous arrivons au port d’Anstruther pour notre première journée en terre écossaise, bien décidés à ne pas laisser les nuages et les averses nous gâcher cette sortie tant attendue.

Le port d’Anstruther et la traversée en bâteau

Du village d’Anstruther, nous ne voyons pas vu grand-chose, juste la plage, le port et ses bateaux de pêche, le temps de pique-niquer avant de monter sur le May Princess, le bateau qui allait nous emmener sur l’Isle of May. Le capitaine nous prévient, la traversée sera a bit rough. On comprend que ça va bouger un peu, mais un peu, ça veut dire quoi exactement ? A quai, le vent est faible, les nuages ont l’air de se dissiper. Allez, même pas peur. Enfin si, un peu quand même.

Le bateau démarre et dès la sortie du port, ça commence à tanguer et le vent se fait sentir. L’équipage prodigue ses conseils anti-mal de mer et commence à distribuer des plastiques. Au cas où. Pas bon signe ça. Des vagues viennent arroser le pont du bateau, nos chaussures et nos pantalons. Notre petite Camomille a peur. Je la rassure, tu vas voir ma puce, ça va aller. Les vagues, ça berce, fait une petite sieste. Tiens, des passagers commencent à vomir…

Les vagues se renforcent. Je ne me concentre pas sur la mer, mais sur Camomille, en lui chantant des chansons à l’oreille pour la rassurer. D’où je suis sur le bateau, je ne peux pas me rendre compte de la taille des vagues. Joachim et Camembert, qui étaient restés à l’arrière du bateau et avaient une meilleur vue, me raconteront ensuite. La lutte de notre petit bateau pour monter sur la crête des vagues. Les creux de 2 à 3 mètres. Impressionnants. Au lieu des 45 minutes prévues pour la traversée, nous mettrons presque 1 heure 30 pour arriver à l’Isle of May. La moitié des passagers ont vomi. Camomille a tenu bon presque jusqu’à la fin. Et à m’occuper d’elle, j’ai été malade à mon tour. Impossible d’accoster à l’endroit habituel, le bateau contourne l’île pour trouver un endroit plus abrité. Inutile de dire que tout le monde est soulagé quand nous accostons enfin.

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L’Isle of May : du vert, du jaune et du noir

A notre arrivée sur l’île, un membre de la Scotland National Natural Reserve nous briefe.  Ne pas sortir des chemins pour ne pas gêner les oiseaux. Ne pas laisser de détritus. Faire attention en marchant le long des falaises. Et une bonne nouvelle. Pour les oiseaux, la mer est également trop agitée. Ils sont tous à terre, attendant que le temps se calme pour sortir pêcher. On nous promet 15 000 macareux à voir ! De quoi nous remonter le moral après cette traversée mouvementée.

Le paysage de l’Isle of May est saisissant. Nous ne sommes pas si loin de la terre ferme, et pourtant nous sommes plongés dans un monde complètement différent. De la roche noire. Un peu d’herbe. Du lichen qui colore les rochers en jaune. Pas une habitation, juste de vieux phares qui abritent des volontaires chargés de recenser les oiseaux. Et tout autour de nous, des falaises qui donnent sur la mer. Malgré le vent, le ballet des oiseaux au-dessus de nos têtes est incessant. Ca piaille de partout. Il nous tarde d’aller voir toute cette faune de plus près !

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La faune exceptionnelle de l’Isle of May

Nous décidons de randonner tout autour de l’Isle of May, d’un bon pas, car le temps sur place est d’autant plus réduit que notre traversée a été longue. A chaque point de vue sur les falaises, c’est l’émerveillement. Nous reconnaissons des guillemots de Troïl et des petits pingouins, que nous avions déjà eu la chance de voir sur les falaises de Bray, en Irlande, près de Dublin. Mais aussi des cormorans huppés, des sternes, des mouettes, des canards eiders à duvet, et même des lapins ;-). Quel bonheur d’observer tous ces oiseaux, de les voir se chamailler entre eux, faire leurs nids, jouer à qui sera le plus beau… Soudain Camembert revient en courant vers moi. Là, en bas, dans l’eau, des phoques, tu les vois ? Tout ça valait bien un petit mal de mer !

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IsleOfMay - Mouette en vol

Anstruther-IsleOfMay- Petits pingouins et guillemots

Anstruther-IsleOfMay - colonie de guillemots

 

 

Anstruther-IsleOfMay-Mouette

 

Les stars de l’Isle of May : les macareux

Et enfin les voici, les macareux-moines, ceux pour qui nous sommes venus sur l’Isle of May. Nous avons de la chance, certains ne sont pas du tout farouches et sont très près des chemins, nous pouvons donc les voir de très près. Ils sont un peu gauches ces petits macareux, à marcher en se dandinant. Mais ils sont tellement mignons ! Nous restons un moment à les observer. C’est notre petite cerise sur le gâteau. Celle qui rend la journée encore plus belle et qui nous laissera de magnifiques souvenirs. C’est tellement rare de voir des macareux ! Mais c’est déjà l’heure de retourner au bateau, les marées n’attendent pas… Heureusement, la traversée retour est plus calme et nous permet de voir des fous de Bassan pêcher. Camomille nous parlera encore pendant des jours de « bateau bouge. Groooossses vagues. Mouillé. Un peu peur. Bateau bouge. Grosses vagues ».

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Isle Of May - Macareux 5

 

Infos pratiques

  • Le bateau May Princess part une fois par jour d’Anstruther. Les horaires dépendent des marées. En principe la traversée aller-retour prend 1 h 30, laissant environ 2 heures 30 sur l’île. Le bateau était plein, donc je conseille de réserver les places à l’avance (remboursement intégral si le bateau ne peut pas sortir à cause d’une météo trop mauvaise). Le tarif est de 25 livres par adulte, 11 livres pour les enfants (moins de 3 ans gratuit).
  • Pour éviter le mal de mer, il faut avoir le ventre plein (mais ne pas avoir mangé trop lourd), respirer lentement l’air frais et surtout surtout regarder la mer. Toujours. J’ai été malade parce que j’ai passé 10 minutes les yeux rivés sur Camomille qui n’était pas bien… Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on se sent bien mieux après une petite galette 🙂 Et la deuxième bonne nouvelle, c’est qu’il existe des médicaments anti-mal de mer, à prendre en prévention. Les enfants de moins de 2 ans ne peuvent pas avoir le mal de mer, leur oreille interne est encore trop immature. Dernière bonne nouvelle, toutes les traversées sont loin d’être aussi mouvementées !
  • Il existe aussi des bateaux plus rapides (et plus chers) mais ce sont des zodiacs avec seulement 12 places. Combinaison étanche intégrale obligatoire. Tous les passagers sont attachés solidement à leur siège. Avec un enfant ou du matos photo, le bateau standard me semble bien plus adapté.
  • Sur l’Isle of May, un centre des visiteurs abrite une expo photos, offre un abri en cas de pluie et permet une petite pause pipi (toilettes sèches). Par contre il faut penser à emmener à boire et à manger. Les jours calmes, le bateau dispose d’une petite buvette avec des boissons et des snacks.
  • Pour observer les oiseaux, je conseille de sortir de la route principale et de prendre les petits chemins. Nous avons particulièrement apprécié la vue depuis Lady’s Bed, Pilgrim’s Haven et Green Face (voir la carte). Pour voir tous les points de vue, il ne faut pas traîner ! Les chemins longent le bord des falaises, mais sont sans danger. J’ai le vertige et je n’ai eu aucun problème. Cela semble inutile à rappeler et pourtant. Si on nous demande de rester sur les chemins, ce n’est pas pour rien ! Non, se rapprocher un peu pour faire une photo de macareux n’est pas une bonne excuse. S’il y a autant d’oiseaux sur cette île, c’est qu’ils y sont tranquilles, alors pourquoi prendre le risque de les déranger ?
  • De bonnes chaussures sont indispensables, ainsi que des vêtements imperméables. A cause des vagues sur le bateau, nous avions nos pantalons bien mouillés. Pas terrible quand on est en jean… Sur l’Isle of May comme sur le bateau, il faut s’attendre à plus de vent que dans le port d’Anstruther, donc on prévoit un coupe-vent et un pull. Nous avons vu un bébé en short frigorifié dans sa poussette… En parlant poussette, on emmène plutôt un porte-bébé, bien plus pratique pour les petits chemins le long des falaises.
  • Pour les courses pour le pique-nique : l’Ardross Farm Shop, sur la route A917 entre Elie et St Monans. Des produits de la ferme de qualité, locaux et un super bon pain au fromage. Hummm !

 

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14 Comments

    • Si tu as l’occasion d’y aller, n’hésite surtout pas ! D’après mes recherches, c’est un des endroits les plus faciles d’accès pour voir des macareux en Ecosse.

  • Les paysages sont déjà magnifiques mais si on y ajoute toutes ces jolies rencontes, ça a dû être une journée mémorable. Les photos sont très réussies. Et je pense que le voyage en bateau chaotique fait une belle anecdote à raconter quand on se rappelle cette superbe journée. Je ne manquerai pas de noter l’Isle of May pour un futur voyage en Ecosse, avec l’isle of Skye bien sûr.

    • C’est sûr qu’on s’en souviendra de cette traversée en bateau ! N’est pas marin qui veut 🙂 Nous avons passé 5 jours sur l’île de Skye, c’est très chouette aussi, mais très touristique, trop presque. Dans les prochains articles on partagera nos autre coups de cœur, moins connus mais plus sauvages.

  • Elles sont magnifiques tes photos ! 🙂
    Tu as un télé-objectif, dis ?

    J’ai vu des macareux le mois dernier, sur les Orcades. J’étais tellement heureuse, haha ! Depuis le temps que je voulais en voir… (Je n’en ai jamais vu en Bretagne, pourtant il y en a quelques uns).

    Et j’adore… la mer agitée. Jamais été malade en mer. (et je prends le bateau très souvent) ♥

    • Merci ! On a un 24-70 sur un full frame, et un 70-200 sur un aps-c. Comme ca on ne perd pas de temps à changer d’objectif, notre petite fille de 3 ans n’aimerait pas tant de pauses, et comme on aime tous les deux la photo, ca évite les disputes pour savoir qui a l’appareil 🙂 Mais par endroits, les macareux étaient tellement près que pas besoin de télé-objectif.

      Les Orcades, chouette ! J’ai beaucoup hésité quand j’ai préparé notre itinéraire, surtout qu’on est passés sur la côte nord. Mais il faut bien faire des choix ! La prochaine fois peut-être.

  • Hey!
    Je découvre votre blog (que je vais m’empresser de mettre en favori), et ton article nous a donné envie d’aller faire un tour là-bas un jour!
    Je note tout ça quelque part dans un coin, mais tu m’as transporté un peu là-bas, le temps de tes quelques lignes.
    Un chouette récit, et surtout des photos magnifiques. Je les trouve vraiment belle, elles me parlent 🙂

  • Les photos tout comme l’endroit sont sublimes. J’ai tellement envie de partir en Ecosse, il faut que je planifie mes prochaines vacances là-bas et je sais où venir pour établir mon itinéraire 🙂

    • On entend beaucoup parler de l’Ecosse en ce moment, donc tu devrais trouver sur le net pas mal d’infos pour te faire un bel itinéraire. N’hésite pas à me poser des questions si besoin 🙂

  • Que de belles photos ! Moi aussi lorsque je suis allée en Ecosse, je voulais absolument voir des macareux moines (je les trouve trop beaux ces oiseaux !). Du coup, moi je les ai vus sur l’île de Lunga, une petite île au large de l’île de Mull.

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