Sur la Via Francigena : les Apennins ou l’histoire de la flaque fatale

Notre traversée des Apennins en vélo sur la Via Francigena : de Pontremoli à Ponzano Superiore, Une belle étape forestière !
Notre parcours dans les Apennins, la chaîne de montagne qui traverse l’Italie dans toute sa longueur, commence à Pontremoli, qui a conservé de belles traces de son passé, comme le château du Piagnaro (XIVe siècle) qui domine le village ou de vieux ponts.
Pontremoli
La cathédrale Sainte-Marie-du-Peuple, que les habitants du village construisirent pour remercier la Vierge de les avoir sauvés de la peste au début du XVIIe siècle:
Cathedrale Pontremoli

Et sur la place de la cathédrale, la tour de Cacciaguerra, qui faisait partie d’une forteresse coupant la ville en deux parties au XIVe siècle, et qui a été rehaussée et transformée en campanile au XVIIe siècle.

Place Pontremoli

 

Après les derniers jours au milieu de rizières, le changement de paysage et d’architecture nous fait le plus grand bien au moral. Mes cuisses, elles, regrettent déjà le plat pays italien…
Apennins

Nous nous enfonçons dans la forêt et  continuons de grimper, essayant de devancer un orage qui se rapproche.

Avant l orage Apennins
Les premières gouttes nous atteignent à notre arrivée dans le village de Bibola. Je force Camembert à s’arrêter sous l’abri-bus qui nous tend les bras au bord de la route, même si lui voulait continuer (« moi pas peur de l’orage en pleine montagne, moi homme fort!). Pour patienter tranquillement en attendant le retour du beau temps, nous déballons pain, fromage, saucisson et pastèque. Un habitant nous aperçoit, nous propose un café. Nous refusons poliment, ça ne va pas durer bien longtemps cet orage, nous sommes déjà presque repartis.
Quelques minutes plus tard, la pluie tourne au déluge, notre abri-bus ne nous protège plus du tout, c’est la course à l’imperméable. L’habitant au café revient, cette fois avec deux parapluies, et nous réinvite chez lui, et devant tant d’insistance, nous acceptons de bon cœur. Au fil de la conversation avec sa femme et lui, nous passons de l’italien à l’anglais, pour découvrir que nous avons affaire avec une suisse germanophone et un italien ayant grandi en Allemagne. Soit, s’il faut parler allemand même pendant les vacances, nous ferons un effort…
Bibola Apennins

Après un bon thé bien chaud accompagné de chocolat suisse, le soleil réapparaît et nous voici repartis sur les chemins.
Apres l orage Apennins
Une belle flaque nous barre le passage, Camembert essaye de passer, s’enlise, perd l’équilibre et met le pied dans l’eau. Je rigole un coup, ne manque pas d’immortaliser le moment en prenant une petite photo, me prépare psychologiquement à devoir traverser cette flaque, écoute les conseils de Camembert, essaye de passer, m’enlise, perd l’équilibre, essaye de poser le pied dans l’eau, n’y arrive pas, et le poids des sacoches aidant, finis les genoux dans la flaque, les mains et le nez dans les ronces et le vélo sur moi.
Manque de chance, mon genou a choisi de s’écraser contre une pierre, et évidemment dans le match « peau tendre et délicate vs. pierre dure et sans pitié », c’est toujours la peau tendre et délicate la grande perdante. Du sang, des larmes, des cris, un homme qui ne s’évanouit pas (ceux qui connaissent Camembert reconnaîtront le miracle), et le prochain village à 7 kilomètres, la fin de la journée s’annonce un poil délicate.
Je trouve un gros bâton, me dope avec une double dose d’anti-douleurs, et nous voici partis pour quelques kilomètres de pur bonheur, moi traînant la patte, et Camembert traînant les deux vélos. Après de longues heures, nous entendîmes des cloches avec soulagement (eh oui, cloches = village !), et découvrîmes le village de Ponzano Superiore, à quelques kilomètres de la côte méditerranéenne.
Ponzano Superiore

Nous tombons sur le patron d’une chambre d’hôtes en train de discuter tranquillement sur la route et sa femme, une vraie Mamma italienne, veut tout de suite me conduire à l’hôpital, ou à défaut, me préparer un bon plat de pâtes. Ce qui valut à Camembert sa plus belle prouesse en italien: « Siamo panini », nous sommes des sandwiches ! Une petite radio le lendemain confirme qu’il n’y a rien de cassé, mais plus de vélo pour moi, au moins pour quelques jours. Prenez nous pour des fous, mais ça a été notre plus belle journée de voyage !

Notre bonne adresse : la chambre d’hôtes La Costa. Accueil et confort excellents !

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