Mon expérience de bénévolat à l’étranger

Le bilan de mon expérience de bénévolat à l'étranger, pour la Fundacion Selva Inka, dans un village de la forêt amazonienne, avec de jeunes enfants.

Il y a de ça quelques jours, j’ai passé une soirée entière à re-parler de mon séjour de 5 mois au Pérou en 2009, de mon amour pour ce pays, et de mon expérience de bénévolat. Je me suis donc replongée dans mes souvenirs et dans mes photos, et j’ai l’impression de n’avoir rien oublié de ces enfants avec lesquels j’ai tellement aimé travaillé. Alors même si cela remonte à déjà quelques années, j’aimerais aujourd’hui tracer le bilan de ce bénévolat péruvien, pour ne jamais oublier !
En file indienne  - Volontariat Selva Inka Pilcopata

Mon bénévolat pour la Fundacion Selva Inka, au Pérou

La Fundacion Selva Inka est une ONG qui a été fondée par Evelyne, une femme étonnante. Elle a grandi à Cusco, mais ses parents tiennent une petite auberge à Pilcopata, dans la forêt tropicale péruvienne, où les rares touristes qui se rendent dans le parc naturel de Manu peuvent faire une pause. Frappée par la pauvreté du village (97% des habitants ont moins de 85€ par mois pour vivre, alors que la moyenne nationale est de 430€…) et par les conditions de vie des enfants, elle a décidé de dédier sa vie à les aider. Elle a réussi à rassembler des fonds, à trouvé un terrain et y bâtit un jardin d’enfants. Chaque jour, une quinzaine d’enfants de 3 et 4 ans y sont accueillis. Sans cela, beaucoup d’entre eux passeraient leur journée dans la rue, seuls, sans leurs parents partis travailler aux champs ou comme vendeurs. Les autres enfants de leur âge sont à la maternelle et se préparent à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Mais pour certaines familles, les frais d’inscription sont trop important, même s’il ne s’agit que de fournir 2 crayons de bois et un cahier… Ce jardin d’enfants géré par la Fundacion Selva Inka est un luxe pour les enfants : ils y trouvent des livres et des crayons, qu’ils n’ont pas chez eux, participent à des activités d’éveil, ont accès à des toilettes, et reçoivent un petit-déjeuner et un repas de midi, qui sont souvent leurs seuls repas de la journée. J’ai acheté du matériel et des livres, et j’ai passé 2 mois et demi à aider l’institutrice du jardin d’enfants, à lui donner des idées d’activités, à gérer les enfants et à les chouchouter. La plupart étant en grand manque de tendresse dans leurs familles, ils étaient très demandeurs de bisous, de caresses ou de câlins !

Village de PilcopataEliana en plein jeu -  Volontariat Selva Inka PilcopataGouter - Volontariat Selva Inka Pilcopata

Bilan sur mon expérience de bénévolat à l’étranger

Pas facile de dresser le bilan d’une mission humanitaire. Ai-je vraiment apporté quelque chose à ces enfants ? Evelyn m’a assuré que oui. Parce que recevoir de la tendresse, ça veut dire qu’on vaut la peine d’être aimé, et ça dope la confiance en soi. Et ces gamins auront besoin d’une sacré dose de confiance en eux pour vivre heureux malgré des conditions matérielles difficiles ! J’espère avoir bien aidé l’institutrice, avec mes idées d’activités ou mes propositions pour mieux s’organiser et gérer la journée avec les enfants. De passage à Cusco, j’ai aussi fait imprimer de nombreuses photos des enfants et les ai distribuées à leurs parents. Leurs yeux brillaient d’émotion ! Et moi, je suis encore émue en pensant à eux. Mes bébés, mes ptits bouts, tellement débrouillards et tellement attendrissants… J’ai aussi beaucoup appris d’Evelyn. Rencontrer quelqu’un qui voue sa vie à aider les autres, forcément, ça fait réfléchir… Alors non, je ne sais pas si les enfants se souviennent encore de moi. Je ne pense pas, ils étaient trop petits. Mais je suis fière d’avoir apporté mon soutien à la Fundacion Selva Inka !

Salle de classe - Volontariat Selva Inka PilcopataPetites poupees - Volontariat Selva Inka PilcopataAngela - Volontariat Selva Inka Pilcopata

Je souhaite finir cet article sur une phrase que m’a dite un papa. Le papa de Rosa-Ines, ma chouchoute. Une gamine merveilleusement intelligente et joyeuse, malgré sa mère alcoolique et son papa aimant mais harassé par le travail. Un jour, ce papa m’a dit : « Ma fille vous aime beaucoup ». J’ai été touchée. Oh oui moi aussi je t’aime beaucoup ma petite puce. Et il a enchainé : « Mais vous allez partir. Et ma fille va souffrir. Par votre faute. » Voilà de quoi faire réfléchir sur l’action positive d’un bénévolat… Ma Rosa-Ines, un jour, je reviendrai à Pilcopata. J’espère te retrouver et pouvoir te parler et t’aider.

Rosa Ines  - Volontariat Selva Inka Pilcopata

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11 Comments

  • Un émouvant témoignage. Tant d’enfants demandent à être aimés, et il est si difficile d’aimer tant d’enfants en manque d’amour… C’est une très belle chose que d’avoir pu offrir de ton temps et de ton cœur pour cette association.

  • Je suis bien contente que cet article fasse partie de la sélection hellocoton du jour.
    Je suis moi même une adepte de bénévolat et je dois dire que j’ai toujours été un peu sceptique des missions avec les enfants parce que comme tu le dis, on donne beaucoup mais après on s’en va, cela peut être difficile pour eux.
    Je trouve cela très humble de ta part, on voit que tu sais faire la part des choses. L’humanitaire devient un peu une mode, même si bien sûr, je trouve cela positif que les gens s’intéressent de plus en plus aux autres. Mais parfois, c’est juste pour faire bien sans prendre le temps de réfléchir au réel impact.
    Soit certaine que ta contribution aura été positive, et cela se voit à travers tes mots que ton intention était pure. Vraiment, c’est un bel article!

    • Je ne pense pas non plus que les enfants aient été traumatisés par mon départ. J’avais été absente deux semaines, pour cause de maladie, et quand je suis revenue, ils croyaient que je m’étais absentée pour aller vendre des fruits à Cusco 🙂 Alors avant mon vrai départ, j’ai essayé de leur expliquer qu’il fallait que je rentre chez moi, très loin (très abstrait pour eux), pour voir mon papa et ma maman (très fort comme argument pour eux !).
      Et puis il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas que les quelques mois de présence auprès des enfants. L’association a construit une crèche, produit de la nourriture grâce à un petit potager, fournit des vêtements, emmène les enfants handicapés chez le médecin… Et avec nos dons, on soutient aussi tout ça !

  • Bonjour Cassonada 🙂

    Merci d’avoir partagé cet article avec nous.

    J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour le bénévolat, et c’est vrai qu’en général on ne voit que la surface et qu’il y a tant de choses à voir/faire en profondeur.

    La phrase du papa est très forte, mais tu peux te dire que tu as apporté du bonheur à cette petite fille, et que grâce à toi, elle a vu qu’autre chose était possible 😉

    C’est magnifique ce que tu as fais !

    Bises
    Laura

  • Ha enfin quelqu’un qui donne envie de se rendre utile, on devrait voir ce genre d’article plus souvent sur les blogs de voyageurs.
    Au moins il y a un message que tu fais passer, et moi ça me plait!

  • Un très beau témoignage. Cela a vraiment du être une expérience enrichissante, le genre d’expérience dont on sort changé.
    Et c’est vrai que la réflexion du père emmène beaucoup de questions par rapport à l’aide humanitaire. Dommage qu’on ne retrouve pas plus ce genre de questionnement sur les blogs, cela permettrait à beaucoup d’appréhender cette aide de manière différente. Bravo pour le recul que tu peux avoir et pour le joli article.

    • Je repense aussi à ce village d’indigènes pas loin de Pilcopata. Des bénévoles leur ont installé des points d’eau potable il y a quelques années, les travaux ont duré quelques mois. Les indigènes ont petit à petit eu envie de porter des vêtements comme ceux des bénévoles, et plus leurs costumes traditionnels. Mais pour acheter des vêtements, il faut de l’argent. Assez rapidement, les hommes du village sont partis à Pilcopata, dans l’espoir d’y gagner de l’argent. Dans le village ne reste plus que des femmes, des enfants et des personnes âgées…

  • Tes photos sont si touchantes…
    Pendant mes études de sage-femme, après une première expérience dans un orphelinat au Vietnam l’année précédente, j’avais très envie de rempiler au Pérou justement, j’avais tout prévu pour y passer 1 mois, en collaboration avec une association (Munay) malheureusement ça en s’est pas fait car au dernier moment les subventions étudiantes qui nous permettaient de partir ont été supprimées… ça reste dans un coin de ma tête depuis, on a assouvi notre envie de découvrir le pays, mais pas ce versant humanitaire… alors le Binôme et moi, on y repartira peut-être un jour. 🙂

    • Ce qui est bien, c’est qu’avec une formation de sage-femme, tu seras forcément utile, quelque soit l’endroit où tu feras un bénévolat ! Et franchement, passer quelques semaines en immersion dans un village, en contact direct avec la population locale, ça change vraiment la vision qu’on a d’un pays. Et le Pérou a tout pour plaire, entre les paysages et les sites touristiques qui déchirent, et les péruviens tellement adorables. Moi aussi je rêve d’y retourner un jour, mais cette fois avec Camembert et Camomille avec moi. Patience, la pitchounette doit encore grandir avant de pouvoir supporter les 4 000 mètres d’altitude…

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