Compostelle – Navarre et Pampelune

Marche compostelle roncevaux
Le récit de notre marche sur les chemins de Compostelle : St-Jean-Pied-de-Port - Roncevaux - Larrasoaña - Pampelune

C’est peut-être l’hiver qui commence à se faire long. L’envie de sortir prendre l’air, de se dégourdir les gambettes, de sentir le vent sur le visage ou la caresse du soleil. Ou alors les prochaines – vraies – vacances qui semblent bien trop lointaines. Toujours est-il que j’ai eu envie de reprendre mon récit de notre chemin de Compostelle en amoureux. Souvenez-vous, après un mois de marche sur le GR 65 à partir du Puy-en-Velay, à travers la Margeride, l’Aubrac, la vallée du Lot, le Quercy, le Gers, les Landes et le Béarn, et des arrêts inoubliables à Conques, Rocamadour et Moissac, soit plus de 700 kilomètres parcourus à pied, nous étions arrivés à St-Jean-Pied-de-Port, notre dernière étape française ! Devant nous, encore autant de kilomètres à parcourir, des montagnes à franchir, et un mythe : le Camino Francès.

31e jour de marche : St-Jean-Pied-de-Port – Roncevaux, 28 km

Ca y’est, Espagne, nous voici ! Avant le grand départ, nous nous allégeons un peu. Comme nous ne camperons pas en Espagne (les campings sont chers et peu nombreux, les auberges de pèlerins bon marché et le froid nocturne commence à vraiment piquer), nous renvoyons notre matériel par la poste. Les cœurs et les sacs plus légers, nous attaquons enfin la montée. 1 300 mètres de dénivelé, ça impressionne un peu. Au fur et à mesure que nous montons, le vent se fait de plus en plus présent. C’est la tempête annoncée pour le lendemain qui se rapproche. Nous tentons de presser le pas. Mais je peine face au vent. Il est tellement fort que je dois me résoudre à marcher collée derrière Camembert. S’il ne me coupe pas du vent, mon effort pour avancer est vain, mon pied se pose au même endroit. Petit à petit, nous progressons. Une borne sur le côté du chemin. La frontière. L’Espagne. La fin de la montée, et, enfin, la descente. Nous glissons dans un tapis de feuilles mortes de 20 cm d’épaisseur. Au loin, le soleil se couche… Allez, courage, Roncevaux n’est plus très loin !

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32e jour de marche : Roncevaux – Larrasoaña, 27 km

Chaque année, ce sont des dizaines de milliers de marcheurs qui se pressent sur le Camino Francès, la voie des français, de Roncevaux à Santiago. Alors forcément, ça demande une certaine organisation.

  • Le dortoir de l’hébergement pour pèlerins : une salle immense, remplie de centaines de lits doubles superposés. Le réveil ensuite : avant 8 heures, tout le monde est mis dehors. Tant pis s’il fait encore nuit.
  • Le chemin : le balisage est plus que présent, impossible de s’égarer. De toute façon, il suffit de suivre les dizaines de personnes qui marchent devant nous. Afin de « faciliter » la marche des pèlerins, le chemin forestier est bétonné ou dallé. Pas de risque de glissade sur une racine d’arbre qui dépasserait, pas une flaque d’eau, même un fauteuil roulant pourrait passer. Mais nos articulations souffrent. Avec le poids de nos sacs, ce sol dur est un calvaire.
  • Le petit-déjeuner : nous nous mettons en route le ventre vide. La règle des hébergements pèlerins est ainsi faite. On se lève tôt, on s’habille, et on marche. Point. Mais en Espagne, les commerces ouvrent tard, le petit-déjeuner est servi de 10h à 12h30… Nous marchons deux heures avant de trouver un café ouvert et d’avaler un sandwich à la tortilla de patatas. Une omelette aux pommes de terre entre deux tranches de pain, voilà qui requinque un marcheur et lui fait oublier ses heures de marche le ventre vide !

Le Camino Francès, c’est autre chose que le GR 65, il nous faut nous y faire !

Dortoir pelerins Roncevaux

Maison compostelle navarre

33e jour de marche : Larrasoaña – Pampelune, 17 km

Rebelotte, il fait encore nuit noire quand nous sommes priés de quitter le refuge. Nous cheminons dans le brouillard, et nous laissons convaincre par une petite pancarte qui nous propose un petit détour jusqu’à une minuscule église. Nous quittons le chemin balisé et la foule avec plaisir. La foule est d’ailleurs toute relative, en octobre, les pèlerins sont plus rares, mais nous n’aimons pas marcher en file indienne derrière des groupes. Nous sommes les seuls à faire ce détour, et par magie, la brume se dissipe alors que nous grimpons la petite colline. L’instant est magique. Le brouillard qui s’effiloche, le chemin en corniche, les écureuils qui se faufilent et les couleurs automnales nous réconcilient avec l’Espagne.
L’arrivée à Pampelune, par contre, est désagréable. A pied, les faubourgs nous semblent interminables. Enfin nous y voici. Un arrêt dans une grande ville après plusieurs jours de marche est toujours bien agréable. Vous pouvez nous torturer, nous n’avouerons jamais ce que nous avons préféré, de la visite de la cathédrale (une petite merveille gothique des XIVe et XVe siècles) ou de la virée à Intersport pour nous acheter des bonnets et des gants…Ce soir, nous dormons à la Casa Paderborn, un gîte de pèlerins tenu par des bénévoles allemands. Ah, que c’est bon de parler allemand de nouveau !

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4 Comments

  • Super ces récits de marche et ces photos ! Ayant grandi dans les Pyrénées, faire la route de Compostelle a toujours été un rêve… en attendant, je continue de m’inspirer en lisant vos articles 🙂

    • Alors les prochaines semaines sur le blog te plairont, puisque je compte continuer le récit jusqu’à notre arrivée à Santiago ! Et pourquoi toujours rêver et ne pas le faire ? Des amis à nous, limités en jours de congés ou avec des obligations professionnelles ou familiales, partent marcher une semaine par an. Il leur faudra pas mal d’années avant d’arriver, mais l’important c’est d’avancer.

  • Wouaw… Quelle aventure !!! Il y a quelques années, ce genre de truc m’aurait particulièrement effrayée, mais maintenant, c’est une expérience que je tenterais bien volontiers avec mon homme.

    • Alors lance-toi ! Marcher m’apparait idéal pour un voyage en couple. On peut marcher côte à côte, parler de tout et de rien, marcher l’un derrière l’autre, chacun dans ses pensées, ou alors marcher aux côtés de personnes rencontrées sur le chemin. Par contre, c’est aussi un vrai test pour le couple : il faut savoir accorder ses rythmes et ses caractères ! Un jour, quelqu’un nous a dit : « ah mais c’est bon, si vous avez tenu plus que 5 jours ensemble sur le chemin, ça tiendra toute la vie ! »

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