Et pourquoi pas un tour du monde ?

Avoir 10 mois devant soi, avoir envie de voyager, et se poser cette question : pourquoi pas un tour du monde ? Peser le pour, le contre et se décider...

A la fin de mes études, j’ai eu une chance incroyable. Un employeur prêt à m’attendre quelques mois, le temps que je voyage un peu. Les 6 mois négociés au départ se sont vite transformés en 10 mois. Un an aurait été trop, ne pas passer les fêtes de Noel en famille était inconcevable pour moi ! Mais alors, ces 10 mois, j’en fais quoi ?

Un tour du monde ?

Depuis quelques années, si on en croit les blogs de voyageurs, faire un tour du monde est un peu le must de ce qui se fait en matière de voyage. Visiter de nombreux pays, découvrir des cultures différentes, changer d’horizon au fil des saisons, ne pas avoir à faire trop de choix… Sur le papier, ça fait rêver bien sûr. Des rencontres, comme celle de Thomas ayant fait le tour du monde en stop m’ont montré que ce rêve de faire le tour de la planète était réalisable, et que le budget nécessaire n’était pas forcément si immense que ça.
Mais le côté voyage au long cours m’inquiétait un peu. Changer constamment d’environnement, dormir chaque soir ou presque dans des lieux différents, c’est fatiguant. Et puis, à vouloir faire un tour du monde, on a envie d’en voir un maximum, et je craignais de vivre ces quelques mois à un rythme effrénée, allant de sites Unesco en site 3 étoiles au guide vert. Je me connais, je sais que j’aurais voulu tout voir, tout faire. Et moi, ce que je voulais, c’était prendre mon temps.

Foret de nuages - Bosque nublado - Riviere - rapides

Playa Carbon Atalaya

Mon choix de ne « faire » qu’un pays

Pour prendre son temps, quoi de mieux que de se poser ? Finalement, est-ce qu’une mini-expatriation de quelques mois ne serait pas mieux, pour moi, qu’un tour du monde en sac à dos ? Autour de moi, j’avais plusieurs exemples d’étudiants ayant mis à profit une année de césure pour aller aider des populations locales, à Madagascar, au Vietnam, au Liban… Quand ils parlaient de leurs expériences, leurs yeux brillaient tout autant que les yeux de celui qui avait fait un tour du monde en stop. Déclic. Prendre le temps et offrir mon temps, oui, c’était ce que je voulais ! Quelques recherches sur Internet et voilà, les contours de mon projet sont dessinés. Ces 10 mois de voyage seront un mois de préparation (déménagement, achat des billets d’avion, séances d’au-revoir) puis 5 mois en solo au Pérou (avec un volontariat pour Selva Inka), puis un mois de repos en famille, suivi de 2 mois en couple sur les chemins de Compostelle (pour prendre le temps de se retrouver à deux après cette longue absence), et pour terminer un mois pour de nouveau déménager et trouver un logement avant de commencer à travailler. Au final, un projet à des années-lumières d’un tour du monde, mais qui me correspondait bien mieux !

Berges du lac Umayo a Sillustani

Qhapaq Negro - Virgen del Carmen - Paucartambo

Alors, heureuse ?

Oui ! Je n’ai jamais regretté mon choix. Encore maintenant, quelques années après, les gens me demandent si j’ai été à tel ou tel endroit en Amérique du Sud. J’ai presque toujours droit à une paire d’yeux tout ronds quand je réponds que non, je suis restée au Pérou. Et pourtant, en 5 mois, j’aurais eu le temps de « faire » toute l’Amérique du Sud, et même plus ! Mais j’ai pris mon temps. J’ai appris l’espagnol. Je me suis fait des amis péruviens. J’ai vécu en famille. J’ai construit des liens très forts avec une quinzaine d’enfants (c’est possible de tous les adopter ?). J’ai eu un « chez moi ». J’ai été malade parce que j’ai attrapé des parasites en partageant mes repas avec les enfants. J’ai pris des douches froides, j’ai lavé mon linge à la main et scruté le ciel pour savoir quand le rentrer. J’ai vu des sites exceptionnels, comme le Machu Picchu ou les ruines de Pisac. J’ai passé des après-midis entières à lire dans un hamac ou à me baigner avec les enfants dans la rivière du village. J’ai passé 3 semaines sans électricité. J’ai été dans de nombreux endroits absents des guides touristiques. J’ai ri à une fête des écoles, j’ai enfilé des costumes traditionnels, et j’ai dansé à la fête du village. Ma plus belle récompense a été que les habitants du village de Pilcopata oublient que je suis blanche, que je ne suis que de passage. J’étais une des leurs, juste un peu plus grande et un peu plus blonde que les autres. Dans les dernières semaines, on m’a même souvent proposé d’acheter une maison pour m’y installer. Ils ne comprenaient pas que je veuille partir, alors que j’étais si bien avec eux… Mais bien sûr que je voulais rentrer, retrouver Camembert, ma famille, mes amis, mon pays… et j’avais hâte de me mettre en route pour Compostelle ! Alors non, je n’ai pas vu le salar d’Uyuni. Non je n’ai pas vu les chutes d’Iguazu. Ni la pampa argentine. Mais j’ai partagé mes repas avec des péruviens. J’ai souri avec eux. Tous les jours. Pendant 5 mois. Ce n’est pas mieux que faire un tour du monde. C’est autre chose. Ca impressionne moins. Mais c’est ce qui me convenait, à moi, à ce moment-là.

Volontariat-selva-inka-enfants-19

Alpaga Sillustani

Et maintenant ?

Ah là là, la grande question ! Non, je ne vais pas devenir voyageuse au long cours. Papa, maman, soyez rassurés. Oui, j’aimerais avoir plus de congés, mais la petite vie tranquille, maison – boulot – sorties le week-end, moi j’aime bien. La stabilité, ça a du bon ! Alors oui, je rêve de grands voyages. Je ne peux pas envisager de retourner au Pérou juste pour 3 semaines. Parce que j’ai des amis à qui rendre visite, parce que j’ai des tonnes de lieux à montrer à Camembert et à Camomille, et parce qu’il me reste beaucoup d’endroits à découvrir au Pérou. Je n’en connais qu’une toute petite partie, et je suis curieuse d’en voir plus. De même, quand une amie qui vit en Australie me demande régulièrement quand je compte aller la voir, je ne peux que repousser à plus tard. Parce que je préfère attendre d’avoir 3 mois de libres pour vraiment profiter du voyage. Et si un jour nous avons un an devant nous, nous partirons avec les enfants sur les chemins de Compostelle, avec un âne ou même deux. En attendant, je fais comme tout le monde. Je suis une touriste le temps d’un week-end et d’une semaine, et je coche la liste des sites 3 étoiles du guide vert… Oui, je suis une touriste comme les autres, j’aime nos « petits » voyages. Mais j’espère encore avoir la chance de m’accorder d’autres longues parenthèses dans ma vie !

Panorama machu picchu

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6 Comments

  • Je suis un peu comme toi ! Accumuler les pays pour en faire une jolie liste à exposer « Moi j’ai vu tous ces pays ! », n’a jamais été mon truc.
    Passer quelques jours dans un pays est bien trop peu ! J’ai aussi opté pour l’expatriation, idéal pour s’imprégner d’une culture à son maximum.
    Ton séjour au Pérou était vraiment intéressant à suivre. Un pays magnifique que j’aimerais apprendre à connaitre un jour comme tu as pu le faire.

    • Quand on part en week-end ou pour une semaine, j’ai souvent envie d’en voir au maximum. C’est bien pour ça que pour une fois je voulais vraiment prendre mon temps ! J’avais beaucoup hésité avec Madagascar, un ami y a fait un volontariat d’une année, et c’était très tentant de le copier. Mais finalement, j’ai préféré créer mon propre projet, en partant au Pérou. Si un jour tu vas au Pérou, n’hésite pas à me demander des conseils. Et si tu veux rencontrer et aider des locaux, je connais du monde qui a bien besoin d’un peu de soutien !

      • Je pense rester encore un petit moment à Madagascar, car j’ai encore beaucoup à voir et à apprendre dans ce pays. Mais si l’occasion se présente à moi de changer de pays (ce que j’espère bien!), l’Inde et le Pérou sont les deux pays vers lesquels j’aimerais me tourner. Et pour le Pérou, je ne manquerais pas de me tourner vers toi. Merci !

  • Je me reconnais dans ton témoignage, il me semble que le principal est de faire les choix qui nous correspondent et de réaliser certains rêves, que ce soit un tour du monde ou autre. Nous faisons partie de ceux qui ont opté pour un voyage autour du monde, c’était notre rêve et je suis contente que l’ayons accompli car ce voyage a façonné les personnes que nous sommes aujourd’hui. Aujourd’hui, j’aime aussi notre vie tranquille, j’aime me sentir appartenir à un endroit et ne pas être tout le temps une étrangère (ou une touriste).
    Mais un jour quand même, j’aimerais repartir pour un voyage au long cours et faire découvrir le monde à mes enfants !

    • Et oui, le virus s’attrape vite ! Et partager ces découvertes avec ses enfants, ça doit vraiment être une belle aventure familiale !

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