10 jours en Ontario : entre plages, lacs, gratte-ciels et forêts

Lac - Parc du Mont-Tremblant
Notre circuit de 10 jours en Ontario : les incontournables Toronto et chutes du Niagara, mais aussi des lacs, des forêts et des petits bouts d'histoire !

Pour notre premier voyage dans l’Est canadien, nous aurions pu faire comme la majorité des français : faire un road-trip au Québec, avec au menu les baleines de Tadoussac, les forêts de la Mauricie, le super-zoo du lac Saint-Jean et les falaises du fjord de Saguenay. Oui mais voilà, on est comme ça, on n’aime pas faire comme tout le monde :-). Et puis bizarrement, autant les guides français ne jurent que par le Québec (francophone), autant les guides allemands ne jurent que par l’Ontario (anglophone). Alors qui faut-il croire ? Où va-t-on en prendre plein les yeux ? 10 jours en Ontario ou au Québec ? On a passé des semaines à tergiverser… Et puis finalement, la réponse s’est imposée toute seule. Avec un ami à aller voir à Toronto, nous ne pouvions que sillonner les routes de l’Ontario ! On vous emmène ?

Riviere du Diable - Parc du Mont-Tremblant

Faire un road-trip en Ontario

Au Canada, tout a une autre échelle. L’Ontario n’est qu’une des provinces du Canada, mais c’est déjà aussi grand que la France plus l’Espagne. Impossible donc de tout voir, même en avalant les kilomètres, et même en passant des vacances à la chinoise (toute l’Europe en 5 jours, youhou !). Nous ce qu’on veut pendant nos vacances, ce n’est pas jouer aux chinois, mais prendre le temps de découvrir tranquillement et de randonner.

Alors pour ne pas passer des heures sur les routes, il faut savoir faire des choix. Et c’est dur. Parce que pour aller voir les papillons monarques, il faut aller tout au Sud de l’Ontario. Parce que pour s’aventurer dans le mythique parc Algonquin (2 400 lacs, la plupart accessibles seulement en canoë !), il faut remonter 600 kilomètres plus au nord. Parce que les guides s’enflamment pour le parc de la Bruce Peninsula et que le parc de Killarney a l’air d’offrir des paysages exceptionnels, mais qu’ils sont presque au bout du monde. Et parce qu’il parait que les chutes du Niagara sont un incontournable et qu’il faut bien les inclure dans le programme.

On aurait pu passer des semaines à éplucher les guides pour trouver l’itinéraire parfait. On a préféré faire un compromis. De toute façon, 10 jours en Ontario, ce n’est pas assez. Alors autant faire moins de kilomètres. S’éloigner du fleuve Saint-Laurent pour fuir les groupes de touristes et pour s’enfoncer dans les terres, à la recherche d’une nature plus préservée. Faire l’impasse sur des endroits top-génialissimes et passer plus de temps à des endroits chouettes, juste chouettes. L’itinéraire parfait n’existe pas, et franchement, ce n’est pas si grave.

Lac - Parc du Mont-Tremblant

Nos 10 jours en Ontario

Nous avons fait une boucle de Montréal à Montréal, d’environ 2 500 kilomètres. En 10 jours, c’est beaucoup, surtout quand on veut avoir un peu de temps pour randonner ! Nous avions loué un petit 4 x 4, ce qui s’est révélé utile : dans les parcs naturels, parfois, ce ne sont pas des routes, mais des pistes sablonneuses ! Pour les nuits, c’était camping, mais en mode grand confort : au Canada, les emplacements de camping sont équipés d’une table et de bancs pour le pique-nique et d’un emplacement pour faire un feu de camp. Le rêve !

  • Jours 0 et 1 : Parc du Mont-Tremblant : après avoir atterri le soir à Montréal et loué la voiture, nous préférons rester dans le coin et nous remettre du décalage horaire dans ce parc national tout proche de Montréal. Première rencontre avec les moustiques canadiens, ultra-voraces, et énorme coup de cœur pour les paysages. Lacs, forêts et cascades, c’est le Canada de carte postale !
  • Jour 2 : route jusque Mississippi Mills : nous avons le temps avant de rejoindre nos amis à Toronto, alors on prend les petites routes et on en prend plein les yeux. 350 kilomètres à peine, mais toute une journée sur la route. Petites, les routes. Aux lacs succèdent les champs et les fermes, c’est une version moins touristique du Canada que nous découvrons. Nous ne trouvons pas de camping pour la nuit, c’est finalement un canadien qui nous proposera spontanément de dormir chez lui. Une rencontre et une hospitalité incroyable…

Chipmunk - Killbear provincial parc

  • Jour 3 : route jusque Toronto : encore une journée sur la route, où les paysages se font de moins en moins intéressants au fur et à mesure que nous nous approchons de Toronto. L’autoroute nous fait prendre toute la dimension de cette grande ville. 2 x 7 voies, et des bouchons à n’en plus finir. Notre ami Kevin nous accueille chez lui les bras ouverts. La fatigue de la route est oubliée.
  • Jour 4 : Toronto : une matinée un peu déprimante, sous la pluie, au milieu des gratte-ciels. Sur les conseils de Kevin, nous passons l’après-midi sur les îles de Toronto. Un cadre enchanteur, on se croirait au bord de la mer, et de loin, les gratte-ciels sont beaux finalement !

Toronto vue depuis les iles

  • Jour 5 : les chutes du Niagara et Niagara-on-the-Lake : nous y voilà, les chutes du Niagara, l’emblème de l’Ontario. C’est dommage, les nuages et la pluie sont là eux aussi. Bon allez, quelques photos et on reprend la voiture ? Une petite pause déjeuner dans le village de Niagara-on-the-Lake et le soleil revient. Nous tombons sous le charme des vieilles maisons et des jardinets bien proprets. On se croirait dans une série américaine, mais chut ! Les canadiens seraient vexés qu’on les confonde avec leurs voisins. Et parce que Kevin est de bon conseil, on continue de l’écouter. « See Toronto, see the Niagara Falls and go North ». Cap vers le Nord !
  • Jour 6 : Midland : nous avions prévu une sortie en bateau sur le lac Huron, à la découverte de la Georgian Bay. Mais aujourd’hui les bateaux restent au port de Midland pour cause d’alerte à la tornade. En attendant le déluge et le vent, il fait presque beau et on révise notre histoire canadienne à Sainte-Marie-among the Hurons (une colonie jésuite du XVIIe siècle qui a tenté de « civiliser » les indiens hurons) et au Discovery Harbour (un port militaire du XIXe siècle). Finalement, la tornade ne s’est pas montrée, tant pis pour les frissons et tant mieux pour notre tente.

Chutes du Niagara sous la pluie

Sainte Marie among the hurons

  • Jour 7 : Killbear Provincial Park : nous visitons sous la pluie le musée de la Huronie et en apprenons un peu plus sur les indiens Hurons. Puis nous traçons la route pour le parc de Killbear, qui doit son nom aux nombreux ours qui vivent dans la région. Même par temps gris, les paysages sont magnifiques. Verra-t-on un ours rôder ce soir près de notre tente ?
  • Jour 8 : pluie torrentielle : que faire ? En théorie nous aurions du aller randonner dans le parc national Algonquin. Mais c’est le déluge dehors, alors autant passer la journée sur la route. Tant pis pour le mythique Algonquin, des forêts et des lacs, ce n’est pas ce qui manque au Canada, nous partons en voir ailleurs ! Une éclaircie, un panonceau qu’on suit au hasard, et une belle pause pique-nique au bord d’un vieux pont couvert. Sortir des sentiers battus et faire confiance au hasard, c’est pas mal de temps en temps.

Hutte d indiens hurons - Midland

Plage - Killbear provincial parc

  • Jour 9 : Parc du Mont-Tremblant, le retour : on avait tellement aimé nos premières balades dans ce parc qu’on a eu envie d’y retourner. Et même si c’est l’endroit le plus infesté de moustiques de tout notre road-trip, c’est aussi notre coin préféré. Alors cette journée-là, sous le soleil, on l’a faite durer jusque tard dans la nuit et on a suivi durant des heures des pistes sableuses. Notre récompense : 5 belles minutes avec un caribou, attiré par les phares de la voiture. Juste délicieux.
  • Jour 10 : Laurentides et arrivée à Montréal : nous traversons doucement la région des Laurentides, ce petit coin de nature que les montréalais adorent fréquenter le week-end. Tout doucement, nous reprenons contact avec la modernité et avec la foule. Ce soir, nous nous installons à Montréal pour une semaine. Et si on jouait à faire comme si on habitait là pour du vrai ?

Cascade - Parc du Mont-Tremblant

 

Et si c’était à refaire ?

On peut toujours se dire « ah mais si » et « zut alors ». Garder un petit regret dans un coin de sa tête. Mais ça ne sert à rien. Nos 10 jours en Ontario ont été chouettes. Pas ultra-chouettes-topissimes, la faute à la pluie. Mais chouettes quand même. Point. Alors, bien sûr, nous aurions pu nous épargner bien des kilomètres en atterrissant directement à Toronto, mais nous n’avions encore prévu aucun itinéraire en achetant nos billets d’avion. Nous pourrions regretter de ne pas avoir vu le parc Algonquin, dont on nous a tellement parlé. Mais de toute façon, le mieux c’est d’y passer quelques jours en camping-canoë et Camomille est encore trop petite pour ça. La météo ne nous a pas gâtés et nous a forcé à adapter pas mal de fois notre programme. C’est dommage. Mais sans la pluie, nous n’aurions pas fait le choix de retourner au parc du Mont-Tremblant. Et finalement, passer près de 4 jours dans notre endroit coup de cœur, il y a pire, non ?

Enfin, zapper des choses permet d’avoir l’envie de revenir. La prochaine fois, nous irons sur l’île Manitoulin. La prochaine fois, nous irons à la Pointe Pelée. La prochaine fois, nous irons faire du canoë dans l’Algonquin. La prochaine fois, nous irons voir les baleines de Tadoussac et les phoques du parc de Bic. La prochaine fois, nous irons jusqu’à la Bruce Peninsula. La prochaine fois, nous irons randonner dans les forêts du parc de la Jacques-Cartier et dans la taïga du parc des Grands-Jardins. La prochaine fois, nous arpenterons les rues de Québec. La prochaine fois, on ira voir les chutes du Niagara sous la glace et la neige. La prochaine fois, on se régalera des couleurs de l’été indien. La prochaine fois… Les prochaines fois plutôt. Un voyage n’y suffira pas ! Plus que des regrets, des projets. Soyons fous et rêvons des prochains voyages !

Coucher de soleil - Parc du Mont-Tremblant

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8 Comments

  • Merci pour votre article. J’ai le projet depuis quelques années d’aller visiter l’Ontario, et notamment Bruce Peninsula, mais à chaque fois je recule faute de budget, et surtout parce qu’il y a si peu d’infos à ce sujet … Donc, on a un peu peur d’être déçus. Votre article relance une nouvelle fois mon désir d’aller découvrir cette région …

    • Je ne pense pas que vous serez déçus d’aller dans cette partie de l’Ontario. La majorité de la population, et la majorité des touristes également, se trouve sur le bord du lac Ontario et près du St-Laurent. En s’éloignant de cette zone, on retrouve une nature préservée, comme on l’imagine quand on pense au Canada. C’est vrai qu’on trouve plus facilement des infos sur le Québec, et même les sites anglophones n’aident pas toujours. Le guide du routard donne quelques infos sur la Bruce Peninsula (2 pages). Mais en fait, les infos, on les a une fois sur place, à l’accueil du parc.
      De notre côté, nous voulions aller randonner dans le parc national de la Bruce Peninsula, y camper et nous baigner du côté de Singings Sands. J’avais trouvé des infos sur le site officiel : http://www.pc.gc.ca/fra/pn-np/on/bruce/activ/activ1.aspx. Le 2e jour, je voulais prendre le bateau pour aller randonner et pique-niquer sur l’île de Flowerpot Island. Ensuite direction l’île Manitoulin pour aller passer quelques jours dans le parc provincial de Killarney. Mais voilà, nous n’avions que 10 jours devant nous, et l’erreur d’atterir à Montreal et non à Toronto nous a coûté quelques jours sur la route, au lieu de profiter de la nature. Donc au moment de faire nos choix, nous avons préféré aller du côté de Midland, car la ville est desservie par une autoroute. Mais notre ami Kevin qui vit à Toronto, et qui sillonne le pays dès qu’il peut nous l’a confirmé : la Bruce Peninsula et Killarney, c’est loin, mais ça vaut vraiment la peine.

    • Camomille a adoré ! Aucun problème dans l’avion, sauf quand l’hôtesse a voulu la forcer à s’asseoir sur moi pour le décollage, alors qu’elle était bien tranquille dans son siège et attachée avec sa ceinture… Au retour, notre voisin a encensé notre fille, qui a dormi tout du long. C’est une voyageuse exceptionnelle paraît-il 🙂 Elle s’est super bien remise du décalage horaire. Le premier jour, elle nous a réveillé à 5 heures du matin (pas si mal, il était 11 heures du matin en Allemagne !) et dès le lendemain, elle a pris son rythme normal. Et le camping, ah là là, c’est le début d’une grande histoire d’amour je crois. Déjà à la maison, elle avait adoré tester les matelas de sol et les sacs de couchage, mais alors voir la tente se monter et ensuite aller dedans, c’était le gros gros kiff ! Et puis la séance d’écrasage de moustiques avant de dormir, c’est super rigolo ! Un article sur le camping avec bébé est d’ailleurs prévu pour dimanche 🙂 Et vous, l’Irlande ?

  • C’est drôle de lire cet article, je ne savais pas que Mont-Tremblant était dans l’Ontario et pourtant on a rêvé d’y aller l’année dernière. On ne peut pas toujours tout voir lorsqu’on voyage et ça nous donne envie d’y retourner finalement. Est-ce que tu as prévu de faire un article sur Mont-Tremblant?

    • Le parc du Mont-Tremblant est au Québec, juste à côté de Montréal. Mais tout le reste du voyage était en Ontario, d’où le titre de l’article. Et oui, finalement, plus on voyage, plus la liste des choses à voir ou à re-voir s’allonge ! Il y aura bien sûr un article sur le Mont-Tremblant, peut-être même plusieurs, j’ai trop de photos à vous montrer 😉

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