Compostelle – La Castille, de León à Astorga

Leon, Hospital de Orbigo, Astorga, 3 belles étapes sur notre chemin de Compostelle en Castille. Plus que 300 kilomètres, Santiago se rapproche !

Heureux d’avoir quitté la Meseta, et impatients d’arriver en Galice et à Santiago de Compostela, c’est requinqués que nous arrivons à León. Rééquipés contre le froid et la pluie (ah, le glamour des guêtres !), nous sommes prêts à affronter la dernière portion du Camino Francés. Plus que 300 kilomètres, une broutille !

39e jour de marche : León – Hospital de Órbigo, 28 km

Pour nous remettre de nos mésaventures de la Meseta, nous nous sommes offert une journée de repos à León. Et bien nous en a pris ! A la messe de 9 heures à la (très belle) cathédrale, nous rencontrons un autre pèlerin, Michele, un italien. Nous ne le savons pas encore, mais ce sera une des plus belles rencontres du chemin et nous accompagnerons Michele avec plaisir les jours suivants. Mais une chose à la fois. Pour l’instant il nous faut quitter León, et la longue traversée d’une zone industrielle sans âme ne nous fait aucune envie. Un petit tour de bus jusqu’à Virgen del Camino, 8 kilomètres plus loin, et nous voici en pleine campagne.

Cathedrale de Leon - Compostelle Castille

Gisant - Cathedrale de Leon - Compostelle Castille

 

Detail tympan Jugement Dernier - Cathedrale de Leon - Compostelle Castille

Plaine - Compostelle Castille

Le paysage ressemble à celui de la Meseta, en un peu plus vert tout de même. Parfois, c’est au milieu de champs de maïs que nous marchons. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils nous coupent toute vue, ces maïs ! Pour tuer le temps, nous avançons en marchant chacun à notre tour, les yeux fermés, au milieu de la route. A travers les semelles de nos chaussures de rando, nous essayons de sentir le léger bombé de la route et ainsi de marcher droit. Pas si facile !

Dans ce paysage aussi monotone, un pèlerin se réjouit à chaque autre pèlerin croisé, et les langues se délient facilement. Les rencontres s’enchaînent, chacun finissant par reprendre son propre rythme de marche. La journée se termine par une autre belle rencontre à Hospital de Órbigo, celle de Jacques et Jeannine, deux retraités au grand cœur, pèlerins récidivistes, que nous suivrons jusqu’à Santiago, d’auberge en auberge, pour des soirées joyeuses et animées. Il faut dire, notre réputation nous précédait : « mais, si, tu sais, le petit couple qui vient d’Allemagne, mais qui sont français en fait. » « Ah oui, je vois, lui est un ptit rigolo, et elle fait cuire le soir des pâtes dans de la soupe en poudre. » Nous sommes des stars, un point c’est tout. (Amis randonneurs, essayez les coquillettes, cuites non pas dans de l’eau bouillante, mais dans de la soupe en poudre au potiron – ou autre – vous verrez, c’est très bon. Vous connaissez une sauce pour les pâtes qui prend moins de place dans un sac à dos qu’un sachet de soupe en poudre ? Agrémentez des restes du sandwich du midi – soit de dés de jambon, de fromage et de petits croûtons de pain – et voici un plat complet parfait pour le soir).

Dernière rencontre du jour, lors d’une balade digestive nocturne sur le pont (ils sont fous, ils marchent toute la journée, et le soir, pour se détendre, ils retournent marcher !). Une vieille dame vient vers nous, nous explique l’histoire du pont (roman, une vingtaine d’arches, 204 mètres de long), puis nous bénit et nous quittes sur un « Allez dans la Paix ». Pas de doute, nous sommes bien dans l’Espagne catholique fervente !

Pont - Hospital de Orbigo - Compostelle Castille

40e jour de marche : Hospital de Órbigo – Astorga, 17 km

Le chemin officiel a la fâcheuse manie de coller au plus près de la nationale 120, parfois sous la forme d’une voie piétonne parallèle, parfois sous la forme d’une bande de peinture jaune (la couleur du marquage vers Compostelle) sur la bande d’arrêt d’urgence…  Nous n’hésitons pas une seule seconde avant de choisir l’itinéraire parallèle décrit par notre guide. Dans un petit village, une vieille dame nous saute dessus. Nous ne comprenons pas tout ce qu’elle dit, mais elle a l’air aux anges de croiser des pèlerins ! Deux gros bisous sur les joues, et nous pouvons reprendre la route ! Au loin, des montagnes se dressent, le terrain se plisse, les champs de blés laissent place à des forêts de chênes verts. Voilà de quoi doper notre moral, demain, nous dirons adieu à cette morne plaine !

Auberge Hospital de Orbigo - Compostelle Castille

Champs vignes et oliviers - Compostelle Castille

 Les horaires espagnols nous demandent un gros effort d’adaptation. Déjeuner à 15h30, pour un pèlerin qui marche dès 7h30 du matin (pour la simple raison que les refuges nous mettent dehors aussi tôt !), c’est un peu difficile. Devant les églises, nous trouvons souvent porte close. Comme ici devant la façade pourtant prometteuse de la cathédrale d’Astorga. En Espagne, pour visiter les églises comme pour dîner au restaurant, il faut attendre la tombée de la nuit ! Pour ce soir, ce sera sans nous. Au dodo, les pèlerins ! A moins qu’une petite bière avant de dormir ? Une bière qui fait de la pub en ciblant les pèlerins, on aura tout vu !

Fronton cathedrale Astorga - Compostelle Castille

 

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6 Comments

    • En fait, il faut en gros deux mois pour faire le chemin de Compostelle en entier, soit 1 500 km. 4 semaines pour la partie française depuis le Puy-en-Velay et 4 semaines pour la partie espagnole. C’est long, mais ce n’est pas dur, il y a quelques étapes avec du dénivelé, mais globalement, c’est accessible à tous. Et les paysages changent beaucoup au cours du chemin, ça aide à avancer. Pour moi, c’est le GR 20 qui me parait infaisable. J’en rêve mais j’ai trop le vertige !

      • Il y a deux endroits vertigineux sur le GR20 et ces 2 endroits sont sur la partie nord donc sans aucun soucis tu peux entreprendre la partie sud du GR. C’est déjà 7 jours et c’est déjà une expérience incroyable ! Le GR20 reste la plus belle rando que j’ai pu faire dans le Monde !

        • On a failli faire la partie Sud avec des amis, mais étant enceinte de 6 mois et ne voyant plus mes pieds, on a préféré renoncer 🙂 On laisse maintenant le temps à Camomille de grandir, on verra plus tard, mais on ira un jour je pense. Tu nous fais un article pour nous raconter ce que le GR20 a de si particulier ? 😉

  • Partir comme cela en pélerinage sur les chemins de saint Jacques de Compostelle, ce doit être le rêve. Mais je pense que ce n’est pas l’été qu’il faut faire cela en Espagne, vue la canicule. Bravo pour le parcours que vous avez accompli, il doit falloir du courage et une bonne endurance surtout !
    Entre parenthèse : j’ai mis un lien de votre site sur mes 2 blogs. C’est un peu normal car c’est vous qui m’avez donné le lien de Hellocoton que je ne connaissais pas.
    Si vous pouviez par la même occasion, si c’est possible, mettre un lien de mon blog voyage, sur votre site, ce serait sympa à vous !
    Vous habitiez où France avant de vous expatrier en Allemagne ?
    A bientôt.

    • Il faut peut-être être un peu fous pour partir 2 mois à pied 🙂 L’endurance vient au fur et à mesure. Les premiers jours, je peinais à faire 10 kilomètres, et à la fin j’en faisais 35 presque sans problème. Ceux qui font le chemin en été se lèvent très tôt pour éviter les grosses chaleurs. Nous avons marché de mi-septembre à mi-novembre, donc nous n’avons pas eu de problème de canicule !

      Je n’ai pas de liste de liens sur mon blog. Avant l’expatriation, nos études nous ont emmenés aux 4 coins de la France, notre premier point d’ancrage fixe, ca a été l’Allemagne.

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