Compostelle : un grand bol de verdure en Galice

Le récit de notre marche sur le chemin de Compostelle en Galice. La Galice, c'est vert, c'est humide, mais franchement, c'est super beau !

La Galice, c’est ce petit bout d’Espagne qui avance dans l’océan. Pour tout le monde, l’Espagne, c’est synonyme de plages, de soleil, de chaleur, de végétation méditerranéenne. La Galice, c’est tout le contraire. C’est vert, c’est humide, ça ressemble à la Bretagne. Et puis aussi, c’est vert, c’est humide et ça ressemble à l’Irlande. Mais surtout, c’est vert, c’est humide, et c’est beau. Très beau même. Un gros coup de cœur pour cette région d’Espagne si méconnue !

44e jour de marche : Villanfranca del Bierzo – O Cebreiro, 27 km

Dans la lancée de l’exploit de la veille dans la vallée du Bierzo (30 kilomètres sans peiner, avec nos sacs de 15 kilos, j’appelle ça un exploit), nous choisissons de rallonger l’étape du jour, réputée difficile, en faisant le détour par le Camino Duro (le chemin difficile). Pourquoi ? Parce que nous n’avons aucune envie de marcher le long de la nationale, séparés des nombreux camions par une simple rambarde de sécurité. Nous préférons de loin monter un peu et marcher dans la montagne. Et pourtant, tout essaie de nous convaincre de rester monter dans la vallée, avec tous les autres pèlerins. Une énorme pancarte d’abord, qui en rajoute sur le côté difficile de cette variante. Une mamie ensuite, qui nous rattrape en courant en croyant que nous étions partis dans la mauvaise direction, et qui nous explique que ça ne sert à rien de monter, de toute façon il faudra redescendre. Vous savez quoi ? On est têtus :-). Et franchement, on a bien fait ! La montée est raide pour quitter le village de Villanfranca, mais au bout d’une vingtaine de minutes, le chemin se fait plus plat. Nous sommes seuls, l’idéal pour bien profiter du paysage et de la vue sur les montages. Bientôt nous traversons une forêt de châtaigniers. Les habitants du village voisin viennent faire la récolte, et ici point de tracteur, des ânes seulement. C’est un autre monde !

Cairn - Compostelle - Galice - Villafranca

Marroniers - Compostelle - Galice - Villafranca

Champignon - Automne - Compostelle - Villafranca

 

 

45e jour de marche : O Cebreiro – Triacastela, 21 km

Le village d’O Cebreiro marque notre entrée en Galice, la région la plus à l’ouest de l’Espagne, la région de Santiago. Un petit événement pour nous ! Mais surtout, c’est la dernière montagne que nous avons eu à gravir. Et rien que de le savoir, c’est bon pour le moral, même si la pluie nous accompagne ! Je revêts mon équipement de combat pour marcher sous la pluie durant plusieurs heures : veste imperméable – bonnet – capuche – cache-nez monté jusqu’au ras des yeux, lunettes enlevées et guêtres par dessus mes chaussures de marche et mon pantalon. Les habitants du coin doivent bien se marrer à me voir passer comme ça… A travers les gouttes, les paysages nous séduisent. La mousse qui pousse au bord du chemin, le petit crachin, les pierres qui glissent et le vert omniprésent, pas de doute, on dirait la Bretagne ! Heureusement que les bornes jacquaires disposées le long du chemin nous rappellent que nous sommes sur le chemin de Compostelle ! Le compte à rebours vers Santiago est lancé : une borne tous les 500 mètres !

Chemin de campagne - Vaches - Galice - Compostelle

Compostelle - Galice - Abri dans les champs

 

46e jour de marche : Triacastela – Sarria, 19 km

Si vous demandez à Camembert de résumer la journée, cela donne quelque chose comme : « Gla-gla – Flop-Flop – Dodo ». Alternative intéressante au « métro-boulot-dodo », non ? Il pleut toute la journée sans discontinuer, et trop fort pour sortir l’appareil photo, alors nous pressons le pas. Les petits chemins dans les sous-bois ont beau être magnifiques, nous n’avons qu’une envie : nous mettre au sec. Et au chaud. Le soir, à l’auberge, un espagnol nous annonce une grande nouvelle. Il a neige à O Cebreiro, d’où il est parti ce matin. Quelle chance nous avons eu de passer par là une journée plus tôt ! L’ambiance dans les auberges en Galice est bien différente de celle dans les autres auberges le long du chemin. Il y a foule, même en cette saison. La faute au prix modique (3€ la nuit…) ? Ou alors à tous ces espagnols qui ne font que les 100 derniers kilomètres vers Compostelle ? On ne sait pas trop, mais en tout cas la nuit, c’est soit concert de ronflement dans les lits superposés, soit longues discussions tardives entre espagnols, à un niveau sonore déploré par toutes les autres nationalités !

47e jour de marche : Sarria – Portomarin, 23 km

Aujourd’hui, la pluie a laissé place à la bruine et nous marchons avec plaisir dans des paysages vallonnés. Nous prenons même le temps de faire le plein de châtaignes pour le repas du soir. C’est tellement bon ! L’humidité locale fait bien son oeuvre. Tout est vert à perte de vue et les chemins se transforment parfois en ruisseaux. Les espagnols ont trouvé une solution pragmatique : de grosses pierres au milieu du chemin, pour pouvoir avancer les pieds au sec ! Déjà nous passons la borne des 100 kilomètres pour Compostelle. Ces 100 petits kilomètres qui sont nécessaires pour recevoir la Compostela, le beau diplôme qui nous sera remis à notre arrivée. Les pèlerins sont ici très nombreux et tout est fait pour leur faciliter la vie. Besoin d’une coquille pour décorer votre sac, de piles ou d’une carte SD pour l’appareil photo, d’un poncho contre la pluie ou encore de chewing-gums pour choper la pèlerine rencontrée à l’auberge la veille au soir ? Pas de problème, un distributeur automatique vous fournit tout ce dont vous pouvez avoir besoin. Incroyable !

Distributeur a pelerin - Compostelle - Galice - Sarria

Compostelle - Galice - On se croirait en Irlande

Cimetiere espagnol - Compostelle - Galice

Compostelle - Galice - Goutelettes de pluie sur mousse

Compostelle - Galice - Barriere devant un champ pres de Portomarin

Compostelle - Galice - Lac et vestiges de Portomarin

Corredoiras - Gués de pierre - Galice - Compostelle

 

 

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2 Comments

  • Vraiment trop chouette de marcher sur les Chemins, j’en rêve ! Et bonne idée de ne pas l’avoir fait en plein été ! Jolies photos, ça me rappelle que finalement, quand même, j’aime bien l’Espagne… 🙂

    • On a toujours tendance à résumer un pays à ses clichés, alors qu’il y a toujours d’autres régions et d’autres facettes à découvrir. Faire le chemin de Compostelle l’été, je le déconseillerais. Déjà parce qu’il fait trop chaud et que le soleil tape trop fort. Ensuite parce qu’il y a tellement de monde que c’est la course aux hébergements. Les gens partent aux aurores et se dépêchent pour être les premiers au gîte, vers 13 heures, pour être sûrs d’avoir une place. Mais justement, pour moi, l’esprit du chemin, ce n’est pas de faire la course et voir les autres comme des concurrents, mais de prendre son temps et de faire de belles rencontres.

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