Compostelle : notre arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle

Après 2 mois de marche, nous voici enfin aux portes de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Nous y voici. Enfin. Plus que 3 jours de marche et nous serons arrivés au bout de notre périple. Saint-Jacques-de-Compostelle, Santiago pour les intimes, est en vue. Après presque 2 mois de marche et environ 1 100 kilomètres parcourus à pied, ces 3 jours de marche ne représentent pas un défi. Et pourtant, ils seront riches en péripéties et en émotions !

Nos derniers pas en Galice

A l’idée d’arriver au terme de ce long voyage à pied, nos sentiments sont partagés. Bien sûr, nous avons hâte d’arriver à notre but. Mais en même temps, nous voulons continuer à profiter du voyage jusqu’au dernier jour. Alors, accélérer le rythme ou au contraire ralentir ? Gros dilemme ! Je dors mal la nuit, je fais des cauchemars. Le jour, je traîne la patte. La tendinite à mon pied droit, causée certainement par un manque d’entraînement et par un sac trop lourd pour moi, s’aggrave. Je n’avance plus que dopée aux anti-douleurs, et chaque jour, j’augmente les doses. Dans quelques jours, nous serons arrivés et mon pied pourra enfin se reposer !

Nous ne regardons plus trop les paysages que nous traversons. Pourtant, ce coin de Galice est magnifique. Mais nos pensées sont ailleurs. Avec les pèlerins qui nous accompagnent depuis quelques semaines. Ces pèlerins avec qui nous passons toutes nos soirées. Ce groupe de marcheurs de 50 ans et plus qui nous ont pris sous leurs ailes, nous, les ptits jeunes. Plus que deux soirs à passer avec eux, et bientôt plus qu’un seul dîner. L’ambiance est étrange.

Horreo - Galice - Compostelle

Croix de Galice et palmier - Compostelle

Eglise de Palas del Rey - Galice - Compostelle

Borne de chemin - Galice - Compostelle

Fleur de passiflore - Galice - Compostelle

L'eau en Galice - Compostelle

Passage de gué - Galice - Compostelle

Petite église de pierre - Galice - Compostelle

Plus que 50 kilomètres - Galice - Compostelle

 

Notre arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle

Cette fois, c’est le grand jour, ce soir, nous serons à Saint-Jacques-de-Compostelle ! C’est tout du moins ce que nous croyons en partons de Ribadiso ce matin-là. Mais à peine quelques kilomètres plus tard, ma tendinite se réveille, malgré les cachets. Je ne peux plus poser le pied. A croire que mon corps n’est pas pressé d’arriver à Santiago !
Deuxième tentative le lendemain, et cette fois-ci, c’est une crise d’hypoglycémie qui me stoppe. Je suis là, assise par terre, sur les hauteurs de Santiago, à 3 kilomètres du centre-ville… Tous les pèlerins qui nous passent devant nous encouragent, allez, ce n’est plus très loin, vous n’allez pas vous arrêter là quand même !
Troisième essai après un bon déjeuner. Et essai transformé ! L’arrivée dans Santiago nous rend tremblants. 2 mois que nous avons ce but en tête, mais sans vraiment le visualiser. A vrai dire, nous sommes déçus de notre arrivée. Alors que nous ragions de tous les regards curieux à Rocamadour, ici nos gros sacs et nos chaussures sales n’impressionnent personne. Nous arrivons en début d’après-midi, à l’heure de la sieste, ce moment où toutes les rues d’Espagne sont vides ! Devant la cathédrale, personne ne nous applaudit, aucune haie d’honneur ne nous attend. Personne ne se soucie de l’exploit que nous venons de réaliser. Exploit bien banal d’ailleurs… La cathédrale est moussue, mal entretenue, sans dorures étincelantes. Notre arrivée nous laisse perplexes. Le chemin de Compostelle s’arrête ici, donc nous nous arrêtons ici. Mais notre but en soi, c’était le chemin, pas vraiment l’arrivée. Le Puy-en-Velay, Conques, c’était pourtant hier. C’est bien vrai, demain, on ne repart pas pour quelques kilomètres ?

La messe des pèlerins le lendemain midi nous réconcilie avec la fin de notre périple. Une zone spéciale nous est réservée dans la cathédrale. Les touristes « normaux » nous prennent en photo, nous dévisagent. Enfin, nous avons droit à un peu d’égards… L’homélie du prêtre me touche particulièrement, et je savoure ma chance de comprendre l’espagnol et de pouvoir m’imprégner de ses paroles. Une dernière bénédiction, et voilà, nous ne sommes plus pèlerins, nous pouvons reprendre nos vies normales. Mais pas avant un petit repas d’adieu avec tous nos camarades de chemin ! Jean-Jacques et Jeanine, nos fournisseurs en casserole pour cuisiner le soir. Lucie, la québécoise qui a peur de la noirceur. Et Jean-Luc, avocat d’affaires, expatrié en Australie, avec tes grands débats philosophiques sur le travail, l’amour et la vie. Nous ne vous reverrons probablement jamais. Mais nous pensons encore à vous !

Dernière péripétie du voyage, je tombe malade. Grosse fièvre et gastro, on aurait imaginé mieux pour savourer notre arrivée ! Mon corps n’aime décidément pas les points finals. Moi qui voulait faire un peu de shopping et ramener des souvenirs, m’en voilà privée. Mais après tout, c’est peut-être mieux ainsi. Nous n’étions pas venus en touristes, alors autant ne pas repartir en touristes…

Cathedrale - Saint-Jacques-de-Compostelle

Statue de Saint-Jacques - Saint-Jacques-de-Compostelle

Interieur de la cathedrale - Encensoir Botafumeiro - Saint-Jacques-de-Compostelle

 

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3 Comments

  • Beaucoup de respect pour cette magnifique marche et cette impressionnante envie d’avancer! Je connais cette sensation d’arrivée à un endroit, d’attendre beaucoup et finalement tout est banal. Je l’ai ressenti après le GR20 en Corse. On s’est demandé pendant tout le trajet comment ça serait à la fin, comment on se sentirait, on comptait les jours, les heures et puis les minutes. On est arrivé devant ce stupide panneau qui t’apprend sans aucun sentiment que tu es finisher du GR20. Choqués de ne pas avoir de gens qui nous applaudissaient après toute cette sueur versée, nous sommes partis penauds en direction du camping. Nous serons les seuls à savoir que nous sommes finishers, c’est mieux comme ça.

    • Nous, ce qui nous a fait du bien, c’est vraiment la messe des pèlerins à la cathédrale. Parce que tous les pèlerins y vont, croyants ou non, peu importe. On se retrouve donc tous ensemble. On retrouve quelques visages connus, et surtout on se demande d’où sortent tous ces gens ! Même mi-novembre, il y a encore des dizaines de pèlerins qui arrivent chaque jour à Saint-Jacques-de-Compostelle. Et dans le regard, tous ont cette petite flamme, cette petite fierté, ce pétillement de joie. Et même des années après, on ressent toujours ce petit frétillement quand on croise un marquage du chemin ou mieux encore un autre pèlerin. Le chemin était une belle parenthèse dans nos vies, et nous ne l’oublierons jamais !

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